OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Loisir: bricolage (numérique) http://owni.fr/2011/07/27/loisir-bricolage-numerique/ http://owni.fr/2011/07/27/loisir-bricolage-numerique/#comments Wed, 27 Jul 2011 06:27:55 +0000 Hubert Guillaud http://owni.fr/?p=74609 La technologie est sensée nous rendre la vie plus facile, mais les pires frustrations de nos contemporains sont dues aux nouvelles technologies qui peuplent nos maisons, estime Philip Ely, doctorant au Centre de recherche sur le monde numérique de l’université du Surrey. Pour affirmer cela le chercheur a étudié, à la manière d’un ethnographe, comment les gens vivent leurs relations aux technologies domestiques qui nous entourent, comment ils configurent et reconfigurent leurs pratiques à l’aune du fonctionnement des objets sociotechniques qu’ils utilisent.

Pour évoquer cette écologie technologico-domestique de nos pratiques, Philip Ely parle de “bricolage numérique” (Do It Yourself digital), explique le Guardian. Il a étudié (avec David Frohlich et Nicola Green) pendant 18 mois 19 habitations afin de regarder comment les utilisateurs gèrent leur matériel technologique domestique : par l’utilisation, la non-utilisation voir l’exclusion des technologies. Quelles innovations banales accomplissons-nous pour que nos outils technologiques se conforment à nos pratiques, à nos usages ? Comment passons-nous d’un usage de la vidéo grâce à un espace de stockage mobile, à un non-usage quand on perd le câble qui permet de relier son disque dur amovible à l’écran qui nous permettait de les regarder ? Comment nos pratiques d’écoutes de la chaîne-hifi diminue à mesure que nos musiques deviennent numériques ou comment les gens compensent-ils en continuant à graver des disques jusqu’à ce que le logiciel qu’ils utilisaient pour le faire évolue et rende un temps impossible ces gravures ?

Philip Ely s’est intéressé aux problèmes que rencontrent les Britanniques en déballant et installant leurs derniers gadgets technologiques. En ethnographe, il a notamment enregistré leurs expériences numériques lors de l’arrivée d’un nouveau matériel.

L’étude s’intéresse à trois points : comment les gens utilisent maintiennent et réparent leurs dispositifs de divertissement à domicile ? Quelle est l’écologie informationnelle de la maison ? Quelles valeurs individuelles et d’identité portent-elles ?

Philip Ely a pris des photos, fait dessiner des plans pour situer les technologies dans la maison, créer des cartes sociales pour identifier qui intervenait sur ces gadgets (techniciens extérieurs, amis…), puis a regardé comment ces appareils avaient bougé quelques mois plus tard, qui avait aidé à les maintenir et les mettre à jour…

Quand le bricolage numérique remplace le bricolage

Le bricolage numérique pour Philip Ely concerne la manière dont nous configurons ou reconfigurons notre environnement technologique domestique. Comment remplace-t-on, installe-t-on, déménage-t-on, câble-t-on, met-on à jour, interconnecte-t-on nos équipements technos dans la maison ? Comment relie-t-on nos enregistreurs DVD, nos ordinateurs portables, nos consoles de jeux, nos lecteurs de musique portables, nos téléphones et nos plateformes sans fil, nos chaînes hifi? Quels bricolages nous faut-il accomplir pour écouter notre musique sur plusieurs terminaux, pour voir un film sur le support de notre choix au moment où on le souhaite ? Ce petit quotidien qui nous fait transférer des fichiers, utiliser une succession de logiciels pour arriver à faire ce que l’on souhaite faire – ou qui nous fait abandonner face à la complexité – est pour lui révélateur de nos pratiques et des limites des outils que nous tentons d’utiliser.

Le bricolage, rappelle-t-il, a toujours été une activité pour ajouter de la signification personnelle à nos environnements domestiques liés bien souvent à des changements de vie, de revenus, de statuts. C’est une manière de “réévaluer nos environnements domestiques et les objets matériels qui le peuple”. Depuis quelques années, les nouvelles technologies viennent au premier plan de nos occupations domestiques. D’ailleurs, Les études du cabinet Mintel suggèrent que ces dernières années, en Angleterre, le bricolage traditionnel a reculé en faveur de loisirs “moins actifs” comme regarder la télévision ou accéder à l’internet. Ce qui est pour Philip Ely un facteur d’intérêt supplémentaire : observer comment le bricolage traditionnel est remplacé par d’autres formes de bricolages, liés à la connectivité domestique, à l’organisation des loisirs familiaux. Et bien sûr, comprendre comment les nouveaux objets s’intègrent aux plus anciens.

Cette étude du bricolage numérique suppose d’observer comment s’organisent les systèmes, les artefacts informationnels et l’organisation qui les entoure. Mais plus que les artefacts, ce qui a intéressé Philip Ely ce sont plutôt les utilisateurs et leurs rôles dans cet agencement de maîtrise autour de l’utilisation des technos domestiques.

Philip Ely a ainsi observé des gens qui avaient bricolé des installations numériques chez eux et a suivi l’évolution de ces bricolages, comme cette personne qui a bricolé une table basse équipée d’un projecteur, permettant de le masquer pour que sa table basse puisse être utilisée autrement… Que se passe-t-il quand il y a un changement dans la configuration de la maison, un déménagement ou autre ? Qu’advient-il des objets conçus ? Comment sont-ils réinventés ou réagencés dans un nouvel environnement – ou abandonnés ? Les changements de vie notamment (séparation, déménagement), aggravés par les bouleversements émotionnels qu’ils impliquent, représentent autant de défi pour les installations techniques, qu’il faut reconfigurer, reconnecter, recâbler… ou oublier.

A l’intérieur du foyer, constate Philip Ely, le bricolage numérique révèle un monde peu fluide, où anciens et nouveaux objets technologiques, valeurs personnelles, compétences individuelles, connaissances, ressources financières, réseaux sociaux, formes d’entraide (humaine et numérique) et circonstances de la vie jouent tous un rôle. Même les non-utilisateurs (voisins, famille, amis…) jouent bien souvent un rôle dans la configuration et la reconfiguration matérielle.

Philip Ely a bien sûr constaté que les ressources financières avaient un rôle évident dans l’appropriation et le choix des technologies. Quand les ressources financières sont limitées, les utilisateurs tendent à devenir innovants en réutilisant du matériel ancien par exemple. Mais le capital social joue également un rôle, notamment via le matériel qu’on récupère ou qu’on utilise.

L’une des personnes avait ainsi hérité d’un amplificateur qu’elle n’utilisait pas, mais dont elle n’arrivait pas pour autant à se séparer. La même personne avait également hérité du câblage de sa maison, avec des prises de télé qui n’étaient pas situées à des endroits adaptés par rapport à la configuration qu’elle avait donnée à son habitat. Ainsi qu’un d’un réseau audio domestique qu’elle hésitait à récupérer avant de déménager (parce que cela nécessitait de récupérer les câbles installés dans les murs ou sous le plancher sans qu’il soit certain qu’elle saurait les installer dans un autre environnement). Dans la maison, on hérite d’objets et d’infrastructures dont nous sommes dépendants. Mais le capital social correspond également aux réseaux sociaux et connaissances qui nous aident à la sélection, l’installation, la réparation et la reconfiguration des technologies domestiques.

Le petit détail frustrant

L’une des principales observations de Philip Ely a été de montrer que c’est souvent les gadgets électroniques les moins importants qui sont les plus frustrants.

J’ai montré que des objets comme les câbles USB, l’infrastructure internet et même les portes, les murs ou les divans étaient les objets qui, le plus souvent, empêchaient le plus le partage de musique ou d’images au sein du foyer et ce même pendant des mois.

Les dispositifs individuels deviennent redondants souvent pour des motifs très triviaux, comme de perdre un câble. Ce qui montre bien que les fabricants oublient souvent combien la maison peut-être un endroit désordonné et contingent. Et ce d’autant que l’utilisateur final ne travaille plus seulement avec un simple ordinateur, comme c’était le cas il y a 20 ans, mais avec toute un ensemble d’appareils informatiques.

Au palmarès des récriminations des utilisateurs, Philip Ely pointe ainsi iTunes, le logiciel musical d’Apple. “Il n’est pas centré sur les gens, mais sur les recettes qu’il génère”, explique-t-il. Les gens voudraient qu’il se connecte à tous les périphériques de la maison simplement, qu’il gère la musique, les vidéos, les images sans mise à jour constante ni authentifications permanentes. “S’il y avait un système de micropaiement chaque fois que les utilisateurs se plaignent d’iTunes parce qu’il ne fonctionne pas correctement ou parce qu’il est trop lent, je serais millionnaire”, plaisante-t-il.

Les recherches d’Ely contredisent également l’opinion commune qui pense que les technologies isolent. Beaucoup de ménages communiquent sur les forums en ligne à la recherche d’entraide pour faire fonctionner leur matériel.

Les utilisateurs s’appuient sur d’autres utilisateurs pour obtenir le soutien technique dont ils ont besoin. Et ce pas seulement en ligne, mais également via des relations en face à face. Aucun des ménages sur lesquels j’ai enquêté n’a résolu ses problèmes uniquement en ligne. Les maisons sont devenues plus ouvertes non pas à cause de l’intrusion des médias en ligne dans nos vies privées, mais parce que les gens ont besoin de travailler via des réseaux sociaux élargis pour les aider à résoudre des problèmes du quotidien liés aux technologies.

Tout comme dans le bricolage classique, les gens partagent des astuces, des solutions… Ils aiment s’entraider et s’entraider face aux technologies domestiques est à la fois enrichissant et socialisant.

Dans les ménages avec enfants, Ely a constaté beaucoup d’entraide intergénérationnelle : les parents enseignent aux enfants comment télécharger les photos de l’appareil photo, les enfants enseignent aux parents comment télécharger des applications ou de la musique… Dans tous les cas étudiés, Philip Ely a constaté une différence de genre : les hommes se voient plutôt confier les tâches de construction de matériel, alors que les femmes ont plutôt tendance à se concentrer sur le logiciel. Le bricolage numérique révèle la division entre les sexes, entre les parents et les enfants, les frères et les soeurs…

Quand je parle aux gens de mes recherches, ils commencent souvent par me raconter comment ils ont installé leur nouvelle télévision numérique ou la conversation qu’ils ont eue avec un service d’assistance téléphonique en Inde. Cela semble cathartique pour eux, et ils s’attendent à ce que j’ai des réponses à leurs problèmes. Mais cela révèle surtout combien ces questions de bricolage numérique nous concernent tous.


Article initialement publié sur InternetActu sous le titre “Comment bricolons-nous le numérique” ?

Crédits photo: Flickr CC Iain Browne, retro travelerBarnaby_S, dnnya17

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Un nouvel appendice pour l’espèce humaine? http://owni.fr/2011/04/21/de-la-teratologie-a-lere-numerique/ http://owni.fr/2011/04/21/de-la-teratologie-a-lere-numerique/#comments Thu, 21 Apr 2011 10:20:09 +0000 Xavier de la Porte http://owni.fr/?p=57259 La lecture de la semaine, il s’agit d’un article mis en ligne le 18 mars dernier sur le site de l’hebdomadaire américain The Nation, il s’intitule : “My monster, My Self”; “Mon monstre, mon Moi”, et on le doit à Gary Greenberg, psychothérapeute. Le papier d’origine est très long, son cœur consiste en une critique des livres de Nicholas Carr, The Shallows, et William Powers Hamlet’s BlackBlerry. Critique intéressante, mais je n’ai gardé que le début et la fin de l’article, qui en concentre la thèse. Extraits.

“Un autre membre ou un truc dans le genre”

“Il y a trois ans environ, une famille a fait irruption dans mon cabinet, elle venait pour la première fois. Le père avait de bonnes joues, les cheveux bouclés et un air de chien battu ; la mère, qui était à l’initiative de la consultation, était parfaitement coiffée et maquillée. Leur fille, sujet de la visite, était une jolie jeune fille de quinze ans, mais elle avait l’air maussade, et avançait le dos voûté, comme si elle marchait dans une tempête. Quand ils sont entrés, je leur ai serré la main. La jeune fille, appelons-la Kate, me tendit sa main gauche. Ma réaction fut un regard vers sa main droite, je m’attendais à y voir un plâtre ou une attèle. S’y trouvait en fait un téléphone portable mauve et pailleté, du genre, nouveau à l’époque, de ceux dont le clavier se glisse sous l’écran comme un lit gigogne. Pendant les 50 premières minutes de la consultation, je n’ai vu de Kate que le sommet de son crâne, elle a gardé les yeux fixés sur l’écran et a tapoté sur son clavier sans prêter aucune attention à la discussion. A aucun moment elle ne s’est détachée du téléphone, ni le téléphone d’elle, même quand elle répondait, en vociférant parfois, aux plaintes que ses parents formulaient à son égard. De leur côté, les parents n’ont fait aucun commentaire sur l’occupation de leur fille.

Pendant la visite, je n’ai fait aucune mention ni du téléphone de Kate, ni de l’apparent aveuglement de ses parents quant au comportement de leur fille. Un thérapeute apprend à ne jamais remettre en question trop vite les normes d’une famille. [...] Mais lors de la visite suivante, avant qu’elle ne s’asseye, j’ai demandé à Kate de me donner son téléphone. Ses parents, déjà assis, se sont figés alors qu’elle levait les yeux vers moi. C’était, je m’en rendais compte alors, la première fois que je voyais ses yeux, et j’y ai lu un mélange de peur et de colère, qui n’était pas sans rappeler le raton laveur coincé dans le potager d’un jardinier enragé. “Pourquoi ?”, m’a-t-elle demandé. “Parce que j’ai vraiment du mal à me concentrer quand tu es distraite, lui ai-je dit. Je me demande tout le temps ce qui se passe sur ton téléphone, et je me dis que quoi qu’il s’y passe, ça doit être beaucoup plus intéressant que ce qui se dit dans ce cabinet.” “Ca c’est sûr” a-t-elle répondu. “Évidemment, ai-je repris. Rien ne peut égaler ce qui est sur ton téléphone. Mais il nous faut parfois prêter attention à des choses moins intéressantes.” J’ai tendu ma main, elle y a mis son téléphone. Il était moite. J’avais l’impression de sentir la marque de ses doigts sur les bords arrondis. “C’est presque comme si ton téléphone était une partie de toi”, ai-je ajouté en le posant sur mon bureau “comme un autre membre ou un truc dans le genre.”

De la variation du Moi

“Eh ben c’est le cas, mon gars”, a-t-elle dit en soutenant mon regard. Ce n’était pas la première fois qu’un enfant me renvoyait à l’état de fossile. [...] Mais le fossé qui me séparait de Kate n’était pas culturel ou politique. Il tenait au fait que nous nous faisions une idée différente de nous-mêmes. Mon commentaire, qui n’avait pas de cause particulière, ne lui avait rien appris qu’elle ne sache – à savoir qu’elle était fondamentalement différente de moi, et du reste des adultes avec lesquels elle devait partager la planète. Nous, nous ne n’avions que quatre membres. Elle en avait cinq, et avec cet appendice supplémentaire, elle pouvait s’extraire de son petit moi clos et rejoindre le vaste monde – en tout cas le monde qui pouvait prendre vie dans son écran. [...]

Le Moi change. Pas seulement au cours de nos petites vies, ce sur quoi, nous, les thérapeutes, essayons d’agir, mais il change au cours de l’histoire humaine. L’idée qu’on se fait de l’être humain, de ce que devons attendre de nous-mêmes, de ce qui fait qu’une vie est réussie, des moyens à employer pour la réussir – tout cela est transformé par le temps et les circonstances, d’une manière qu’on ne peut observer que rétrospectivement, et encore, à travers une vitre ternie par les préjugés de celui qui regarde derrière lui. Il est très dur de nous observer nous-mêmes dans une époque qui change, et de comprendre une transformation qui a lieu sous nos yeux, il est encore plus dur de déterminer si on peut agir sur cette transformation.

Je passe sur le long développement central pour arriver à la fin du texte.

L’homme, sorte de Dieu prothétique, sorte de monstre

En 1930, dans Malaise dans la civilisation, Freud écrivait : “L’homme est devenu une sorte de Dieu prothétique. Quand il se pare de tous ses organes auxiliaires, il est magnifique, mais ces organes ne se sont pas développés avec lui et ils lui causent grand souci. L’avenir apportera avec lui des avancées nouvelles et probablement inimaginables dans le domaine de la civilisation, et il accroitra la ressemblance de l’homme avec dieu. Mais dans l’intérêt de nos investigations, nous n’oublierons pas que l’homme d’aujourd’hui ne tire pas grand bonheur de cette ressemblance.”

La métaphore est instructive, reprend Greenberg. “Avec les technologies, suggère Freud, nous ne sommes pas seulement devenus magnifiques, nous sommes aussi devenus des monstres. Kate, avec son téléphone portable, ces piétons dans la ville qui ont les yeux fixés sur des écrans qui leur montrent des images et des mots venus d’ailleurs, ces jeunes et les adultes qui se demandent pour ami et s’envoient des tweets, ne sont-ils pas des dieux prothétiques, qui tiennent le monde entier dans leur main ? Ne sont-ils pas aussi des monstres ?”

“Il y a quelque chose de vraiment magnifique dans l’Internet” dit Greenberg, et il avoue l’utiliser sans cesse. “Le bureau qui me relie au web est ma prothèse, dit-il, de la manière que le téléphone de Kate est la sienne. Et cet organe auxiliaire, qui n’est qu’imparfaitement relié à moi, me cause aussi du souci. L’autre jour, je regardais un film dans lequel jouait Jeanne Moreau, raconte Greenberg, et je me demandais quel âge elle avait au moment du tournage. Avant même que je me formule la question à moi-même, je fis le geste de googler – sauf que mon ordinateur n’était pas là où il devait être. J’avais fait le même geste atroce que l’amputé qui veut attraper une cigarette avec sa main perdue. Je ne sais pas ce qui était pire – la présence-absence de mon appendice fantôme ou le fait qu’il me manque autant.”

Conclusion provisoire de Greenberg : nous sommes devenus méconnaissables à nous-mêmes, nous sommes devenus des monstres.

Le problème dit Greenberg, c’est qu’il est compliqué de faire une critique profonde de la technologie sans devenir un peu réactionnaire, qu’il est impossible de tuer le monstre numérique, sans recourir à des fourches et à des torches. Et puis, ajoute-t-il, “le dégoût est la source de la bigoterie, il voue aux gémonies ce qui est nouveau et différent, il nous amène à oublier ce qu’il y a de sublime dans le monstre.”

Les “Moi(s)” du futur auront peut-être des Bluetooth implantés, des pouces pointus et, qui sait, des yeux sur le sommet du crâne. Ce qui est une prothèse pour nous aura grandi sur eux, mais ils auront de nouvelles coutures auxquelles il faudra se confronter. Et ces futurs auront aussi leurs propres mécontentements, leurs propres monstres et leurs propres passés à remâcher.


Chronique initialement diffusée dans Place de la Toile sur France Culture et publiée sur InternetActu sous le titre “Le “monstre magnifique” de la technologie fait-il changer “le Moi” ?”

Les principales citations de cet article ont été initialement publiées sous copyright dans un article de The Nation, signé Gary Greenberg.

Illustrations CC : Marion Kotlarski, Jean-Pierre Lavoie, Van Den Berge



Retrouvez tous les articles de notre dossier “monstres” sur OWNI.
- “Le corps jugé monstrueux n’a pas d’humanité”
- Freaks: espèce de salles obscures

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